Résumé | Abstract
La santé sexuelle et reproductive des étudiantes constitue un enjeu important des politiques de santé publique en Côte d’Ivoire, notamment en milieu universitaire. Bien que la santé scolaire et universitaire soit intégrée au système national de santé à travers les Services de Santé Scolaire et Universitaire et le Programme National de la Santé Scolaire et Universitaire – Santé Adolescents et Jeunes (PNSSU/SAJ), les données de l’Enquête Démographique et de Santé de 2021 révèlent une vulnérabilité persistante des jeunes femmes, marquée par la fréquence des grossesses précoces et une faible connaissance des moyens de prévention du VIH. Dans ce contexte, cette étude analyse les obstacles à l’accès des étudiantes du premier cycle de l’Université Jean Lorougnon Guédé de Daloa aux services de santé sexuelle et reproductive. L’étude adopte une approche qualitative fondée sur des entretiens semi-dirigés réalisés auprès de vingt-trois étudiantes âgées de 18 à 23 ans et des entretiens ouverts menés avec trois agents de santé du Centre Médico-Social du CROU-D, complétés par une analyse documentaire. Les données ont été soumises à une analyse de contenu thématique. L’analyse mobilise la théorie des champs de Pierre Bourdieu et l’approche des inégalités sociales de santé développée par Marmot afin d’appréhender les déterminants institutionnels et informationnels de l’accès aux soins. Les résultats montrent que la bi-appartenance institutionnelle du Centre Médico-Social du CROU-D, placé sous une double tutelle ministérielle, génère des dysfonctionnements organisationnels limitant l’accès aux ressources humaines, logistiques et financières nécessaires à une offre efficace de services de santé sexuelle et reproductive. À ces contraintes s’ajoute un déficit d’information et de sensibilisation des étudiantes, contribuant à un faible recours aux services disponibles. Ces obstacles traduisent des inégalités structurelles de santé au sein de l’espace universitaire.
Mots clés | Keywords