Résumé | Abstract
Face à la montée des défis sécuritaires dans les villes intermédiaires africaines, le Sénégal a engagé depuis les années 2010 une réorientation profonde de sa gouvernance sécuritaire, fondée sur une approche territorialisée et partenariale. Cet article analyse le processus de conception et de mise en œuvre du Contrat Local de Sécurité (CLS) dans la commune de Linguère, à travers le prisme de la Stratégie de Gouvernance Sécuritaire de Proximité (GSP) pilotée par l’Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité (ASP). S’appuyant sur un diagnostic local de sécurité (DLS) conduit auprès de 423 ménages, l’étude mobilise une approche mixte combinant enquête quantitative, entretiens individuels et groupes de discussion. Les résultats révèlent que si 58,4 % des résidents perçoivent leur commune comme sûre, 37 % déclarent avoir été victimes d’un acte de délinquance dans les douze mois précédant l’enquête, le vol simple et le vol de bétail constituant les formes dominantes de délinquance. L’analyse met en évidence des disparités spatiales et de genre significatives dans la victimation et la perception de l’insécurité. En s’ancrant dans les théories de la gouvernance multi-niveaux, de la co-production des services publics et de la sécurité communautaire, l’étude démontre que le CLS constitue un dispositif hybride articulant prévention situationnelle, mobilisation sociale et contractualisation institutionnelle.
Mots clés | Keywords
sécurité de proximité ; contrat local de sécurité ; gouvernance partenariale ; délinquance ; diagnostic local.